• Samedi 23 février 2013, sur Rue des écoles, France Culture, Sandrine Garcia et Anne-Claudine Oller, pour une émission "De la dyslexie à l'école".

    Il me faudrait la réécouter et surtout lire l'ouvrage à paraître : A l'école des dyslexiques, naturaliser ou combattre l'échec scolaire.

    Premières impressions sur 3 des thèmes abordés :

    - La surmédicalisation, l'externalisation de la difficulté en lecture.

    Certes une des solutions qui pourrait être considérée "de facilité" est d'externaliser le traitement de la difficulté vers les orthophonistes. L'encombrement est tel qu'il faut plusieurs mois aux familles pour obtenir un rendez-vous. D'où un discours ambiant sur les enseignants à qui l'on reproche de proposer aux familles trop rapidement cette voie. De même les familles peuvent se sentir rassurées par un "diagnostic" ou une prise en charge particulière.

    Oui mais... peut on reprocher aux enseignants de se tourner vers ces professionnels ? Ont-ils les moyens eux-mêmes d'organiser d'autres pistes pédagogiques avant effectivement d'externaliser ? Pressés, pressurisés par des objectifs annuels, qui ne tiennent pas grand compte de l'enfant en particulier, sans grande aide extérieure (RASED par exemple...), manquant de formation, parfois trop enfermés dans des pratiques, ces enseignants démunis avec la meilleure intention du monde effectivement se tournent souvent vers des structures "soignantes". Autre phénomène celui du serpent qui se mord la queue : il faut tellement de temps pour avoir un rendez-vous, que de peur de passer tardivement à côté d'un trouble, on tend peut-être trop rapidement vers cette solution. D'où surcharge, d'où...

    - L'incorporation ou entraînement à la lecture, à voix haute, sous la houlette d'un adulte qui pointe les erreurs.

    On rejoint là, partiellement,  le principe de la fluence, avec toute la difficulté de la mise en oeuvre, car cette approche est avant tout individualisée. Que faire effectivement quand on a devant soi 28 CP ? Combien de temps peut leur être consacré ? D'où à nouveau le problème de l'externalisation mais vers les familles cette fois ci, le retour de l'inégalité.

    - Lien entre la langue orale et l'écrit : la segmentation de la phrase.

    Voilà une piste intéressante. Effectivement l'apprenti lecteur (Mme Garcia insiste, à juste raison, sur cette notion d'apprenti lecteur à qui parfois l'on donne des supports de lecture qui ne sont pas à sa portée), habitué à une écoute de textes, avec les intonations, les rythmes, la musique donc, se retrouve avec du texte au kilomètre qui ne reproduit absolument pas la langue orale ; l'écrit note l'oral mais pas dans sa forme.

    Alors pourquoi ne pas proposer des textes pré-découpés, proche de l'oral (CF Ouzoulias "'une lecture qui ressuscite l'oralité vive.") ?
    Cela devant rester un étayage bien sûr.

    Cette émission ne traitait pas tant de la dyslexie que des difficultés dans l'apprentissage de la lecture. Encore des éléments à digérer et surtout à approfondir.

     

     


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